Que faut-il penser des plantes dites "dépolluantes" ?

Nos désirs d'agir et de prendre des mesures individuelles pour contribuer à améliorer notre quotidien sont louables à bien des égards. Mais nous devons être méfiants vis-à-vis des phénomènes de modes ou des incitations commerciales qui fleurissent volontiers sous couvert de notre confort et de notre santé. En effet, même si les premiers travaux de la NASA ont montré l’intérêt de certaines plantes pour dépolluer l’air intérieur de certaines substances chimiques et que le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) est entrain de confirmer ces travaux. Le message doit être diffusé avec prudence  car si les plantes vertes ont des vertus bien connues pour participer à nous oxygéner, toutes ne sont pas à recommander dans nos intérieurs. Affirmer cela sans nuance peut être dangereux pour les personnes allergiques et/ou asthmatiques : en effet, les moisissures présentes naturellement dans le terreau des plantes (végétaux en décomposition) peuvent entraîner des réactions allergiques… et certaines plantes comme le ficus benjamina ou papyrus, caoutchouc peuvent être allergisantes…


Tout ce qui est "naturel" n'est pas forcément bon pour la santé !

La tendance actuelle étant d'acheter de préférence des produits naturels, certaines attitudes bien intentionnées peuvent s'avérer dangereuses. Les huiles essentielles, essences naturelles, désodorisants à base de plantes, peuvent être à l'origine de crises d'asthme et de réactions allergiques importantes.


Les brûle-parfums, bougies parfumées, lampes destinées à "assainir" l'air, bâtons d'encens…  libèrent des composés organiques volatils irritants pour les voies respiratoires, contribuant à augmenter la pollution de l'air intérieur des locaux. Il faut donc en user le moins possible et compenser par une aération maximale des pièces.


Les revêtements de sol comme les "cocos" et autres fibres végétales, sont des revêtements qui se vendent bien dans un souci  « écologique », mais la colle qui est utilisée pour coller le revêtement peut émettre des COV si elle n’est pas sans solvant et l’entretien dans le but d’éliminer les poussières est difficile. Même si dans l’absolu on peut les laver à grande eau, dans la pratique cette opération est peu effectuée. De plus, ce type de revêtement peut être un réservoir de polluants biologiques (acariens, animaux, moisissures).


D’autre part, les peaux de chèvre, de mouton, et d'autres animaux… sont potentiellement allergisantes, et constituent autant de niches écologiques pour les acariens.

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